Communiqué Officiel de la Commission Femmes
d'Amnesty International
mardi 15 janvier 2002 - 17h *
Chers toutes et tous,
Vous avez été très nombreuses/x à vous adresser à nous ces derniers temps au sujet de la condamnation de Safya Hussaini. C'est pourquoi la commission femmes souhaite vous donner, ainsi qu'à tous ceux préoccupés par ce cas, les dernières précisions sur l'action de notre mouvement en sa faveur.
Amnesty international avait lancé une action à ses adhérents qui travaillent sur l'Afrique dès octobre dernier, suite au jugement qui condamnait Safya à être lapidée. Outre notre opposition à la peine de mort, nous estimions qu'elle n'avait pas bénéficié d'un jugement équitable et qu'elle avait été victime de discrimination due à son sexe, le père de l'enfant qu'elle avait mis au monde n'ayant pas été poursuivi.
Cette action s'est adressée principalement aux parlementaires, autorités et représentants des gouvernements occidentaux, dont la France, afin qu'ils fassent pression sur le gouvernement nigérian. Nous n'avons pas souhaité une action médiatique d'envergure pour la raison suivante : il y a un an, une femme condamnée à la flagellation par le même tribunal local du nord du Nigéria (qui ne dépend pas du gouvernement fédéral représenté à Paris), avait vu sa sentence exécutée plus tôt que prévu suite aux pressions extérieures... Nous avons donc voulu aider Safya de la façon la moins risquée possible, tout en étant en contact quasi journalier avec son avocat ainsi qu'avec des associations nigérianes de défense des droits humains qui, sur place, militent en sa faveur.
Il semble que notre action, mêlée à celle des associations de femmes mais aussi, et peut-être surtout à la vôtre et à celle des milliers d'hommes et de femmes de bonne volonté qui se sont émus pour ce cas, aient obtenu le résultat suivant : - pour la première fois dans ce genre de cas une femme a pu être défendue par un avocat. - pour la première fois également, un appel a été accepté. - enfin, lors de la séance du tribunal du lundi 14 janvier, la jeune femme a vu son jugement repoussé au 18 mars, avec, selon notre spécialiste du Nigéria, certaines chances qu'il soit clément. Il reste toutefois utile de continuer à écrire à l'ambassade du Nigéria à Paris : 179 av Victor Hugo, 75016 Paris, pour s'opposer à une condamnation à mort toujours possible.
Un dernier point : ce châtiment cruel, inhumain et dégradant qu'est la lapidation existe ailleurs dans le monde, en Iran, par exemple, et préoccupe Amnesty au plus haut point. Au Nigéria même, une autre jeune femme, Hafsatu Abubakar, est également accusée d'adultère et risque bientôt, comme Safya Husseini , la lapidation.. .Nous suivons de près ce dernier cas, en souhaitant, sans condamner par principe la loi musulmane, faire évoluer celle-ci vers un plus grand respect des standards internationaux de justice.
Pour la commission femme, Moïra SAUVAGE * envoyé par mail à 17 associations ou groupes et femmes militantes
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